Projet « Les marchés et les mangroves » (MAM) au VietnamViêt Nam

Contexte 1

La rentabilité des exportations de crevettes a encouragé des milliers d’agriculteurs dans les deltas de Cà Mau au Vietnam à passer de la riziculture à l’élevage intensif de crevettes – la source alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide au monde. Cà Mau est le lieu de production de la moitié des crevettes du Vietnam, une industrie d’exportation d’une valeur de 3,1 milliards de $ EU rien qu’en 2013. Cependant, ces 15 dernières années, un nombre croissant de leurs crevettes sont mortes de maladie. Les forêts de mangrove constituent l’habitat naturel et le lieu de reproduction des crevettes et font partie intégrante des écosystèmes naturels, assurant la protection contre les raz-de-marée et les ondes de tempête, et offrant des zones d’alevinage vitales. Ils fonctionnent également comme des puits de carbone bleu. Afin de satisfaire la demande mondiale croissante de crevettes au cours des trois dernières décennies, plus de la moitié de la forêt de mangrove naturelle du Vietnam a été défrichée pour accueillir les étangs d’élevage de crevettes. Il s’ensuit que les deltas de Cà Mau sont à présent parsemés d’étangs de crevettes abandonnés en raison des coûts élevés et de la baisse des rendements due à l’érosion, à la pollution et à la maladie de la crevette. En 2012, l’Union mondiale pour la nature (UICN) s’est attaquée à ce défi avec le projet « Les marchés et les mangroves » (MAM). En partenariat avec des importateurs de crevettes, des commerçants et plus de 5 000 agriculteurs, le projet assure la formation sur l’élevage et la commercialisation de crevettes certifiées écologiques, soutient le reboisement et la gestion de la mangrove et facilite l’accès des agriculteurs à des marchés de carbone certifiés et au financement carbone à travers le programme de Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts (REDD+) (SNV 2012). 2

Lien avec l’AIC

Le projet MAM accroît la production durable de crevettes grâce à la réduction de l’incidence des maladies et à l’augmentation de la rentabilité par le biais de la réduction des coûts de gestion, de la certification biologique grâce à Naturland (Seafood Watch 2013), 3ainsi que de l’accès futur aux marchés du carbone. La gestion à court terme des risques est renforcée par une protection accrue contre les raz-de-marée et les ondes de tempête en reboisant les mangroves qui atténuent également les effets des changements climatiques grâce à une séquestration accrue du carbone.

Impacts et leçons apprises

En 2013, le revenu net tiré de l’élevage intégré de crevettes de mangrove a été multiplié par 1,5, par rapport à l’élevage traditionnel de crevettes ou à l’association de la riziculture et de l’élevage de crevettes hors des mangroves. Ces liens rentables avec les forces du marché encouragent fortement les éleveurs de crevettes à adopter des pratiques durables et intelligentes face au climat.

References

  • 1

    Boles E. 2014. Integrated Shrimp Aquaculture with Mangrove Protection in Cà Mau, Vietnam. Tempe, AZ: New Global Citizen

    http://newglobalcitizen.com/impact-and-innovation/snv-integrates-shrimp-aquaculture-mangrove-protection-ca-mau-vietnam#sthash.pTF4ZWPr.dpuf La forêt de mangrove constitue l’habitat naturel et le lieu de reproduction de la crevette – fournissant des matières premières sauvages, des déchets organiques pour l’alimentation et l’ombre, ainsi que des structures racinaires pour les abris. Afin de satisfaire la demande mondiale croissante de crevettes au cours des trois dernières décennies, plus de la moitié de la forêt de mangrove naturelle du Vietnam a été défrichée pour accueillir les étangs d’élevage de crevettes. En raison de l’expansion rapide et des insuffisances liées aux normes environnementales, les deltas de Cà Mau sont à présent parsemés d’étangs de crevettes abandonnés en raison des coûts élevés et de la baisse des rendements due à l’érosion, à la pollution et à la maladie de la crevette. L’organisation néerlandaise de développement SNV et l’UICN, sa partenaire à la mise en œuvre, se sont attaquées à ce défi avec le projet « Les marchés et les mangroves » (MAM) afin d’intégrer l’élevage de crevettes écologique dans l’environnement de la mangrove de Cà Mau – inversant ainsi la tendance à la perte de la mangrove et réduisant les émissions de carbone.
  • 2

    SNV. 2012. Mangroves and Markets: supporting mangrove protection in Ca Mau Province. Ho Chi Minh City, Vietnam: SNV.

    http://www.snv.org/project/mangroves-and-markets Le Vietnam a perdu la moitié de ses mangroves au cours des 30 dernières années, essentiellement en raison de l’expansion de la superficie consacrée à la production de riz et, plus récemment, du défrichement pour les étangs d’élevage de crevettes. Ceci a de graves conséquences, d’autant plus que les mangroves protègent contre les raz-de-marée et les ondes de tempête ; constituent des aires d’alevinage vitales pour les poissons, fournissent du bois, du miel et d’autres produits ; et augmentent le niveau des terres en piègent les sédiments. Par ailleurs, elles ont une teneur élevée en carbone ; leur capacité totale de stockage de carbone est très élevée par rapport à celle de la plupart des types de forêts. Par conséquent, des mangroves saines contribuent, dans une large mesure, à l’adaptation aux changements climatiques et à l’atténuation de leurs effets.
  • 3

    Seafood Watch. 2013. Naturland Standards for Organic Aquaculture: Shrimp. Monterey, CA: Monterey Bay Aquarium Seafood Watch.

    https://www.seafoodwatch.org/-/m/sfw/pdf/eco-certifications/reports/mba-seafoodwatch-naturland-farmed-shrimp-benchmarking_report.pdf?la=en Une analyse comparative de l’évaluation des équivalences a été effectuée sur la base de l’application positive du scénario réaliste le plus défavorable. • « Positif » : Seafood Watch souhaite pouvoir se soumettre à des systèmes de certification équivalents ; • « Réaliste » : nous ne recherchons pas activement le score théorique le plus défavorable ; il doit représenter la réalité et une production aquacole réaliste. • « Scénario le plus défavorable » : nous devons savoir que la ferme la moins performante capable d’être certifiée selon une norme donnée est créditée de la notation minimum équivalant à « Bonne alternative » ou « Jaune » par Seafood Watch. Le résultat final de l’évaluation d’équivalence pour les normes Naturland relatives à l’aquaculture biologique, évalué pour la crevette est une recommandation jaune « Bonne alternative ». Bien que Seafood Watch ne considère pas toutes les fermes certifiées comme étant à ce niveau, les normes pourraient permettre à une ferme équivalente à une recommandation jaune de Seafood Watch d’être certifiée. Ceci signifie que Seafood Watch peut différer à la certification Naturland Shrimp comme une assurance que les produits certifiés répondent au moins à une recommandation jaune « Bonne alternative ».

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Ce site vous ouvre la porte de l’agriculture intelligente face au climat. Il vous aidera à vous lancer et vous accompagnera dans la mise en œuvre sur le terrain, en vous donnant accès à toutes les ressources avec lesquelles vous devez vous familiariser davantage.

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CCAFS Agriculture intelligente face au climat 101

Notions élémentaires

L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche intégrée destinée à relever les défis interdépendants de la sécurité alimentaire et des changements climatiques, qui vise explicitement trois objectifs :

A. accroître durablement la productivité agricole afin de favoriser des augmentations équitables des revenus agricoles, la sécurité alimentaire et le développement ;

B. adapter et renforcer la résilience des systèmes agricoles et de sécurité alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et

C. réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture (notamment la production végétale, l’élevage et la pêche).

Points d’entrée

L’agriculture affecte et est affectée par les changements climatiques de plusieurs manières et il existe de nombreux points d’entrée pour le lancement des programmes d’AIC ou la mise à échelle des activités existantes. La productivité, l’atténuation et l’adaptation peuvent avoir lieu à des niveaux technologiques, organisationnels, institutionnels et politiques différents. Afin de vous aider à explorer cette multitude de points d’entrée, nous les avons répartis en trois domaines thématiques : i) les pratiques d’AIC ; ii) les approches par systèmes de l’AIC ; et iii) des environnements propices à l’AIC. Chaque point d’entrée est ensuite décrit et analysé en termes de productivité, d’adaptation et de potentiel d’atténuation et est illustré par des études de cas, des références et des liens Internet pour de plus amples informations.

Élaborer un plan d’AIC

La planification des projets et programmes d’AIC, ainsi que leurs mise en œuvre et suivi s’articulent autour des questions de compréhension du contexte, notamment l’identification des principaux problèmes/obstacles et opportunités liés à l’orientation du projet/programme ; l’élaboration et la hiérarchisation de solutions, et la conception de plans ; la mise en œuvre ; et le suivi-évaluation. La plupart des grands organismes de développement disposent de leur propre cadre pour l’élaboration et la gestion des projets et programmes. Cependant, le CCAFS a mis au point une approche spécifique pour la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et programmes d’AIC, appelée Plan de l’AIC. Ce plan vise à orienter la planification, la mise en œuvre et le suivi de l’AIC à grande échelle. Le Plan de l’AIC comprend quatre principaux éléments, à savoir : 1) l’Analyse de situation ; 2) le ciblage et la hiérarchisation ; 3) l’appui au programme ; et 4) le suivi, l’évaluation et l’apprentissage.

Financement

Un certain nombre de sources de financement potentielles sont disponibles pour aider à réaliser les objectifs de l’AIC, notamment le développement agricole, la sécurité alimentaire, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets. Les sources de financement des interventions relatives au climat peuvent servir, par exemple, à mobiliser un financement pour l’agriculture et intégrer les changements climatiques dans les investissements agricoles. La présente section donne un aperçu des sources de financement potentielles pour les activités d’agriculture intelligente face au climat (AIC) aux niveaux national, régional et international, ainsi que pour différents « clients » potentiels tels que les gouvernements, la société civile, les organisations de développement et d’autres entités. En outre, elle donne des pistes de solutions pour la recherche de financement parmi une gamme d’opportunités, en fonction du domaine d’intervention, du secteur et de l’instrument de financement de l’AIC.

Bibliothèque de ressources

Le Guide de l’AIC propose une présentation brève et concise des multiples aspects de l’agriculture intelligente face au climat. Dans le même temps, il indique les liens permettant d’accéder aux références et autres ressources clés qui vous aideront à approfondir vos recherches et mieux comprendre les sujets spécifiques qui vous intéressent. Dans la bibliothèque de ressources, nous avons rassemblé toutes les références, ressources clés, termes et questions dans une section unique afin d’en donner un bref aperçu et de les rendre facilement accessibles. Cette section peut être utilisée comme une partie ou indépendamment des autres sections du site Web. La bibliothèque de ressources est répartie en six sections à savoir : 1) les Références – liste de tous les publications, liens et blogs auxquels il est fait référence sur le site Web ; 2) les Outils – liste tous les outils de l’AIC présentés sur le site Web ; 3) les Termes clés – explications des termes les plus importants et les plus fréquemment utilisés concernant l’AIC ; 4) la Foire aux questions (FAQ) – qui donne un bref aperçu des questions les plus fréquemment posées concernant l’agriculture intelligente face au climat ; 5) la section « À propos de ce site » – où vous pouvez obtenir davantage d’informations sur le but et la structure du site Web, ainsi que sur les organisations et les auteurs qui se cachent derrière le site ; et 6) notre Contact.

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