Politique nationale de l’agroforesterie de l’IndeInde

Contexte 1 2 3

Plus de 80 % des 118 millions d’agriculteurs que compte l’Inde sont des petits exploitants pratiquant l’agriculture pluviale sur à peine deux hectares de terres. Leur dépendance aux précipitations saisonnières, ainsi que la taille modeste de leurs exploitations, les rendent très vulnérables aux impacts des changements climatiques. L’agroforesterie (incorporation d’arbres et d’arbustes dans les exploitations agricoles et les paysages ruraux) est une stratégie utile qui permet à ces agriculteurs d’améliorer la productivité de leurs terres et de renforcer leur résilience aux impacts des changements climatiques. Conscient des nombreux avantages de l’agroforesterie, le Gouvernement indien a lancé, en 2014, une ambitieuse Politique nationale d’agroforesterie afin d’intégrer la sylviculture dans les exploitations agricoles. Cette politique vise à assurer la convergence entre les divers programmes, systèmes et organismes ayant des composantes agroforestières en vue d’améliorer la productivité, le revenu et les moyens d’existence des petits exploitants agricoles. Elle contribue, par ailleurs, à satisfaire la demande croissante de produits agroforestiers tels que le bois, la nourriture, le combustible, etc., à protéger l’environnement et les forêts naturelles, ainsi qu’à réduire au minimum les risques liés aux phénomènes climatiques extrêmes. Depuis que la politique a été adoptée en 2014, des subventions ont été accordées à six États et servent à promouvoir l’agroforesterie sur environ 70 000 ha.

Lien avec l’AIC

L’agroforesterie contribue aux trois piliers de l’AIC.

  • Productivité : les systèmes agroforestiers fournissent des produits d’arbres qui peuvent compléter l’alimentation des ménages et créer des sources de revenu supplémentaires. L’utilisation d’arbres fertilisants peut améliorer la fertilité des sols et accroître la productivité.
  • Adaptation : à court terme, l’agroforesterie peut atténuer les effets des changements climatiques grâce à la modération du microclimat et à la conservation des ressources naturelles. À plus long terme, elle contribue à accroître la résilience du paysage et à maintenir le flux des services d’origine écosystémique.
  • Atténuation : l’agroforesterie constitue une source de séquestration du carbone. Par rapport aux systèmes culturaux et enherbés, les espèces agroforestières recèlent nettement plus de potentiel de séquestration du carbone, au même titre que les forêts primaires.
Impacts et leçons apprises

La coordination et la convergence entre les différents ministères et programmes sont essentielles pour la mise en œuvre d’une telle politique nationale. La sensibilisation et la disponibilité des systèmes de financement et de régimes d’assurance constituent également un important facteur de réussite.

References

  • 1

    Chavan SB, Keerthika A, Dhyani SK, Handa AK, Newaj R, Rajarajan K. 2015. National Agroforestry Policy in India: a low hanging fruit. Current Science 108(10):1826-1834.

    http://www.currentscience.ac.in/Volumes/108/10/1826.pdf Depuis des siècles, l’agroforesterie est connue en tant que système traditionnel d’utilisation des terres en Inde. Ses multiples avantages et les services qu’elle fournit sont reconnus comme un moyen d’améliorer le niveau de vie des agriculteurs. L’agroforesterie commerciale a pris de l’ampleur dans les régions où elle a obtenu l’appui de l’industrie et des installations commerciales assurées. Toutefois, le manque d’initiatives politiques et de règlements commerciaux stricts a constitué un frein à une large adoption de l’agroforesterie. Bien que d’importants modèles agroforestiers soient en cours d’élaboration dans différentes régions du pays, il n’existe pas de mécanisme clair entre l’achat de semences et la commercialisation des produits. Dans ce contexte, la Politique nationale de l’agroforesterie (2014) a été mise en avant afin de résoudre les problèmes de matériel de plantation de qualité, d’assurance-arbres, de restrictions sur le transit et la récolte, de commercialisation des produits agroforestiers, de recherche et de vulgarisation. Cet article établit un lien entre les points saillants de la politique, d’une part, et les systèmes couronnés de succès sur le terrain et les défis à relever en priorité, d’autre part, en ce qui concerne l’agroforesterie non seulement comme un système efficace d’utilisation des terres, mais également pour mettre à profit pleinement son potentiel aux fins du développement économique du pays.
  • 2

    Dinesh D, Frid-Nielsen S, Norman J, Mutamba M, Loboguerrero Rodriguez AM, and Campbell B. 2015b. Is Climate-Smart Agriculture effective? A review of selected cases. CCAFS Working Paper no. 129. Copenhagen, Denmark: CCAFS.

    https://cgspace.cgiar.org/rest/bitstreams/58510/retrieve L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche visant à faire face aux défis liés à la sécurité alimentaire et aux changements climatiques, qui a trois objectifs, à savoir : 1) accroître durablement la productivité de l’agriculture afin de favoriser une amélioration équitable des revenus agricoles, de la sécurité alimentaire et du développement ; 2) assurer l’adaptation et le renforcement de la résilience des systèmes de sécurité agricole et alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et 3) réduire les émissions de gaz à effet de serre due à l’agriculture (y compris la production végétale, animale et piscicole). Ce document examine 19 études de cas relatives à l’AIC afin d’évaluer leur efficacité en matière de réalisation des objectifs déclarés de l’AIC, tout en évaluant les autres coavantages, les coûts et avantages économiques, les obstacles à l’adoption, les facteurs de réussite, ainsi que les questions de genre et d’inclusion sociale. La conclusion de l’analyse est que les interventions d’AIC peuvent être très efficaces, atteignant les trois objectifs de l’approche, tout en générant des avantages supplémentaires de manière économique et inclusive. Toutefois, cela passe nécessairement par la conception et la mise en œuvre d’un projet spécifique au contexte, pour lesquelles les capacités institutionnelles revêtent une importance capitale. Par ailleurs, le document identifie d’importants déficits en ce qui concerne la disponibilité et la comparabilité des données, ce qui constitue un frein à l’approfondissement de l’analyse.
  • 3

    Government of India. 2014. National agroforestry policy. Department of Agriculture & Cooperation, Ministry of Agriculture. New Delhi: Government of India.

    http://agricoop.nic.in/imagedefault/whatsnew/Agroforestry.pdf Ce document porte sur la politique nationale d’agroforesterie de 2014 du Gouvernement indien. Il comprend une justification de l’agroforesterie, avec une présentation des buts, des objectifs de base, ainsi qu’une stratégie et les mécanismes et voies possibles pour parvenir aux résultats escomptés des politiques.

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Ce site vous ouvre la porte de l’agriculture intelligente face au climat. Il vous aidera à vous lancer et vous accompagnera dans la mise en œuvre sur le terrain, en vous donnant accès à toutes les ressources avec lesquelles vous devez vous familiariser davantage.

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CCAFS Agriculture intelligente face au climat 101

Notions élémentaires

L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche intégrée destinée à relever les défis interdépendants de la sécurité alimentaire et des changements climatiques, qui vise explicitement trois objectifs :

A. accroître durablement la productivité agricole afin de favoriser des augmentations équitables des revenus agricoles, la sécurité alimentaire et le développement ;

B. adapter et renforcer la résilience des systèmes agricoles et de sécurité alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et

C. réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture (notamment la production végétale, l’élevage et la pêche).

Points d’entrée

L’agriculture affecte et est affectée par les changements climatiques de plusieurs manières et il existe de nombreux points d’entrée pour le lancement des programmes d’AIC ou la mise à échelle des activités existantes. La productivité, l’atténuation et l’adaptation peuvent avoir lieu à des niveaux technologiques, organisationnels, institutionnels et politiques différents. Afin de vous aider à explorer cette multitude de points d’entrée, nous les avons répartis en trois domaines thématiques : i) les pratiques d’AIC ; ii) les approches par systèmes de l’AIC ; et iii) des environnements propices à l’AIC. Chaque point d’entrée est ensuite décrit et analysé en termes de productivité, d’adaptation et de potentiel d’atténuation et est illustré par des études de cas, des références et des liens Internet pour de plus amples informations.

Élaborer un plan d’AIC

La planification des projets et programmes d’AIC, ainsi que leurs mise en œuvre et suivi s’articulent autour des questions de compréhension du contexte, notamment l’identification des principaux problèmes/obstacles et opportunités liés à l’orientation du projet/programme ; l’élaboration et la hiérarchisation de solutions, et la conception de plans ; la mise en œuvre ; et le suivi-évaluation. La plupart des grands organismes de développement disposent de leur propre cadre pour l’élaboration et la gestion des projets et programmes. Cependant, le CCAFS a mis au point une approche spécifique pour la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et programmes d’AIC, appelée Plan de l’AIC. Ce plan vise à orienter la planification, la mise en œuvre et le suivi de l’AIC à grande échelle. Le Plan de l’AIC comprend quatre principaux éléments, à savoir : 1) l’Analyse de situation ; 2) le ciblage et la hiérarchisation ; 3) l’appui au programme ; et 4) le suivi, l’évaluation et l’apprentissage.

Financement

Un certain nombre de sources de financement potentielles sont disponibles pour aider à réaliser les objectifs de l’AIC, notamment le développement agricole, la sécurité alimentaire, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets. Les sources de financement des interventions relatives au climat peuvent servir, par exemple, à mobiliser un financement pour l’agriculture et intégrer les changements climatiques dans les investissements agricoles. La présente section donne un aperçu des sources de financement potentielles pour les activités d’agriculture intelligente face au climat (AIC) aux niveaux national, régional et international, ainsi que pour différents « clients » potentiels tels que les gouvernements, la société civile, les organisations de développement et d’autres entités. En outre, elle donne des pistes de solutions pour la recherche de financement parmi une gamme d’opportunités, en fonction du domaine d’intervention, du secteur et de l’instrument de financement de l’AIC.

Bibliothèque de ressources

Le Guide de l’AIC propose une présentation brève et concise des multiples aspects de l’agriculture intelligente face au climat. Dans le même temps, il indique les liens permettant d’accéder aux références et autres ressources clés qui vous aideront à approfondir vos recherches et mieux comprendre les sujets spécifiques qui vous intéressent. Dans la bibliothèque de ressources, nous avons rassemblé toutes les références, ressources clés, termes et questions dans une section unique afin d’en donner un bref aperçu et de les rendre facilement accessibles. Cette section peut être utilisée comme une partie ou indépendamment des autres sections du site Web. La bibliothèque de ressources est répartie en six sections à savoir : 1) les Références – liste de tous les publications, liens et blogs auxquels il est fait référence sur le site Web ; 2) les Outils – liste tous les outils de l’AIC présentés sur le site Web ; 3) les Termes clés – explications des termes les plus importants et les plus fréquemment utilisés concernant l’AIC ; 4) la Foire aux questions (FAQ) – qui donne un bref aperçu des questions les plus fréquemment posées concernant l’agriculture intelligente face au climat ; 5) la section « À propos de ce site » – où vous pouvez obtenir davantage d’informations sur le but et la structure du site Web, ainsi que sur les organisations et les auteurs qui se cachent derrière le site ; et 6) notre Contact.

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