Régénération naturelle assistée (RNA) au NigerNiger

Contexte 1 2 3

Depuis des décennies, le Niger est confronté à des défis liés à de mauvaises récoltes, à des phénomènes climatiques extrêmes et à l’insécurité alimentaire. La situation s’est aggravée suite à la déforestation rapide survenue au cours des années 60 et 70, qui a dégradé sérieusement les terres agricoles. Face aux sécheresses fréquentes et graves, les terres agricoles dégradées n’ont pu produire suffisamment de nourriture pour satisfaire les besoins de la population du pays. Afin de remédier à la situation, le gouvernement a lancé une initiative visant à planter 60 millions d’arbres. Mais, celle-ci s’est soldée par un échec, en raison d’un taux de mortalité élevé (plus de 80 %) des arbrisseaux.

C’est dans ce contexte que l’approche de la RNA a été mise au point, mettant à profit les vastes systèmes de racines vivantes existant sous les terres dégradées. Les souches d’arbres et les systèmes radiculaires vivants poussent plus rapidement que les jeunes plants obtenus à partir de semences. Dans le cadre de ce programme, les agriculteurs ont identifié et protégé des arbustes sauvages qui se trouvaient sur les terres agricoles et ont coupé les tiges faibles, ce qui a permis aux arbustes sauvages de devenir rapidement de grands arbres.

Lien avec l’AIC

Le programme de RNA contribue aux trois piliers de l’AIC, tel qu’indiqué ci-dessous.

  • Productivité : les rendements des céréales dans les champs faisant l’objet de RNA ont augmenté de 100 kg/ha en moyenne. Au niveau du programme, la RNA a permis de produire environ 500 000 tonnes de céréales, qui ont servi à nourrir 2,5 millions de personnes. En outre, les produits des arbres ont servi de fourrage pour le bétail, constituant ainsi une source de revenu supplémentaire pour les agriculteurs. Ces produits pourraient également être commercialisés pour leurs vertus médicinales ou comme matériaux de construction, générant ainsi des revenus pour les agriculteurs.
  • Adaptation : l’accroissement du feuillage des arbres grâce à la RNA protège les cultures contre les vents violents du Sahel. Les rendements plus élevés obtenus grâce à des sols moins dégradés et de meilleure qualité permettent de compenser les déficits des années de mauvaise récolte par les excédents des années fastes.
  • Atténuation : plus de 5 millions d’hectares de terres ont été couverts d’environ 4,5 tonnes de biomasse aérienne par hectare, et plus de 200 millions d’arbres.
Impacts et leçons apprises

Outre ses impacts liés à l’AIC, le programme de RNA constitue une précieuse source d’enseignements concernant le renforcement du capital social parmi les agriculteurs et le partage de connaissances entre agriculteurs.

References

  • 1

    Dinesh D, Frid-Nielsen S, Norman J, Mutamba M, Loboguerrero Rodriguez AM, and Campbell B. 2015b. Is Climate-Smart Agriculture effective? A review of selected cases. CCAFS Working Paper no. 129. Copenhagen, Denmark: CCAFS.

    https://cgspace.cgiar.org/rest/bitstreams/58510/retrieve L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche visant à faire face aux défis liés à la sécurité alimentaire et aux changements climatiques, qui a trois objectifs, à savoir : 1) accroître durablement la productivité de l’agriculture afin de favoriser une amélioration équitable des revenus agricoles, de la sécurité alimentaire et du développement ; 2) assurer l’adaptation et le renforcement de la résilience des systèmes de sécurité agricole et alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et 3) réduire les émissions de gaz à effet de serre due à l’agriculture (y compris la production végétale, animale et piscicole). Ce document examine 19 études de cas relatives à l’AIC afin d’évaluer leur efficacité en matière de réalisation des objectifs déclarés de l’AIC, tout en évaluant les autres coavantages, les coûts et avantages économiques, les obstacles à l’adoption, les facteurs de réussite, ainsi que les questions de genre et d’inclusion sociale. La conclusion de l’analyse est que les interventions d’AIC peuvent être très efficaces, atteignant les trois objectifs de l’approche, tout en générant des avantages supplémentaires de manière économique et inclusive. Toutefois, cela passe nécessairement par la conception et la mise en œuvre d’un projet spécifique au contexte, pour lesquelles les capacités institutionnelles revêtent une importance capitale. Par ailleurs, le document identifie d’importants déficits en ce qui concerne la disponibilité et la comparabilité des données, ce qui constitue un frein à l’approfondissement de l’analyse.
  • 2

    Pye-Smith C. 2013. The quiet revolution: How Niger's farmers are re-greening the parklands of the Sahel. ICRAF Trees for Change no. 12. Nairobi, Kenya: World Agroforestry Centre (ICRAF).

    http://www.worldagroforestry.org/downloads/Publications/PDFS/BL17569.pdf Ce livre arrive à point nommé, car il traite du rôle des arbres dans l’amélioration de la résilience des moyens d’existence et des économies dans les zones arides de l’Afrique de l’Est. Il commence par une présentation de la justification de l’initiative suivie d’éclaircissements concernant le contexte et l’approche adoptée. Le Chapitre 3 décrit ensuite la région de l’Afrique de l’Est et indique les raisons pour lesquelles il est nécessaire de renforcer la résilience des moyens d’existence des communautés vivant dans les zones arides. Le Chapitre 4 s’appuie sur cela en présentant une perspective des services d’origine écosystémique comme cadre conceptuel pour explorer la résilience qu’assurent les arbres. Le Chapitre 5 passe en revue l’écologie, la distribution et l’utilisation des arbres dans l’ensemble de la région de l’Afrique de l’Est. Le Chapitre 6 examine les divers avantages que les populations tirent des arbres des terres arides du point de vue des services d’origine écosystémique. S’appuyant sur les expériences acquises en matière de mise en œuvre des pratiques de développement, le Chapitre 7 présente et examine 11 études de cas sur la gestion des ressources naturelles. Le Chapitre 8 présente les réflexions des participants à l’atelier d’écriture sur la façon dont les meilleures pratiques en matière de renforcement de la résilience pourraient être mises à échelle. Un examen des déficits de connaissances et d’informations concernant la contribution des arbres au renforcement de la résilience est présenté au Chapitre 9, suivi d’un plan de suivi possible au Chapitre 10.
  • 3

    Reij C, Tappan G, Smale M. 2009. Agro-environmental Transformation in the Sahel: Another kind of "Green Revolution". IFPRI Discussion Paper 00914. Washington, DC: International Food Policy Research Institute.

    http://core.ac.uk/download/files/153/6257709.pdf le Sahel ouest-africain a connu, au cours des trois dernières décennies, une transformation agro-environnementale gérée par les agriculteurs qui a permis à la fois de remettre en état les terres et d’intensifier l’agriculture afin de subvenir aux besoins d’une population dense et en pleine croissance. Ce document passe en revue les innovations techniques et institutionnelles, leurs impacts et les enseignements tirés de deux exemples réussis. Le premier est l’histoire de l’amélioration et de la reproduction des pratiques traditionnelles de conservation du sol et de l’eau à travers le Plateau central du Burkina Faso. La remise en état d’au moins 200 000 hectares de terres dégradées a permis aux agriculteurs de cultiver des céréales sur des terres stériles et d’intensifier la production grâce au développement des systèmes agroforestiers. De plus, cette remise en état semble avoir rechargé les puits locaux. Le deuxième exemple est un processus de régénération naturelle assistée utilisant des pratiques agroforestières locales améliorées sur une superficie estimée à 5 millions d’hectares dans le Sud du Niger. Cet effort à grande échelle a réduit l’érosion éolienne et augmenté la production et la commercialisation de cultures, de fourrage, de bois de chauffe, de fruits et d’autres produits. Dans les deux cas, des opportunités de génération de revenu ont été créées, ce qui a réduit les incitations à la migration. Les femmes ont tiré parti de l’amélioration de l’approvisionnement en eau, en bois de chauffe et en d’autres produits forestiers. Le capital humain, social et politique a été renforcé dans un processus de changement piloté par les agriculteurs. Des coalitions fluides d’acteurs ont élargi l’échelle de la transformation. Ces histoires comportent d’importants enseignements pour ceux qui s’emploient à créer des partenariats de développement agricole efficaces et à relever les défis des changements climatiques et de la sécurité alimentaire.

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Ce site vous ouvre la porte de l’agriculture intelligente face au climat. Il vous aidera à vous lancer et vous accompagnera dans la mise en œuvre sur le terrain, en vous donnant accès à toutes les ressources avec lesquelles vous devez vous familiariser davantage.

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Notions élémentaires

L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche intégrée destinée à relever les défis interdépendants de la sécurité alimentaire et des changements climatiques, qui vise explicitement trois objectifs :

A. accroître durablement la productivité agricole afin de favoriser des augmentations équitables des revenus agricoles, la sécurité alimentaire et le développement ;

B. adapter et renforcer la résilience des systèmes agricoles et de sécurité alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et

C. réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture (notamment la production végétale, l’élevage et la pêche).

Points d’entrée

L’agriculture affecte et est affectée par les changements climatiques de plusieurs manières et il existe de nombreux points d’entrée pour le lancement des programmes d’AIC ou la mise à échelle des activités existantes. La productivité, l’atténuation et l’adaptation peuvent avoir lieu à des niveaux technologiques, organisationnels, institutionnels et politiques différents. Afin de vous aider à explorer cette multitude de points d’entrée, nous les avons répartis en trois domaines thématiques : i) les pratiques d’AIC ; ii) les approches par systèmes de l’AIC ; et iii) des environnements propices à l’AIC. Chaque point d’entrée est ensuite décrit et analysé en termes de productivité, d’adaptation et de potentiel d’atténuation et est illustré par des études de cas, des références et des liens Internet pour de plus amples informations.

Élaborer un plan d’AIC

La planification des projets et programmes d’AIC, ainsi que leurs mise en œuvre et suivi s’articulent autour des questions de compréhension du contexte, notamment l’identification des principaux problèmes/obstacles et opportunités liés à l’orientation du projet/programme ; l’élaboration et la hiérarchisation de solutions, et la conception de plans ; la mise en œuvre ; et le suivi-évaluation. La plupart des grands organismes de développement disposent de leur propre cadre pour l’élaboration et la gestion des projets et programmes. Cependant, le CCAFS a mis au point une approche spécifique pour la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et programmes d’AIC, appelée Plan de l’AIC. Ce plan vise à orienter la planification, la mise en œuvre et le suivi de l’AIC à grande échelle. Le Plan de l’AIC comprend quatre principaux éléments, à savoir : 1) l’Analyse de situation ; 2) le ciblage et la hiérarchisation ; 3) l’appui au programme ; et 4) le suivi, l’évaluation et l’apprentissage.

Financement

Un certain nombre de sources de financement potentielles sont disponibles pour aider à réaliser les objectifs de l’AIC, notamment le développement agricole, la sécurité alimentaire, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets. Les sources de financement des interventions relatives au climat peuvent servir, par exemple, à mobiliser un financement pour l’agriculture et intégrer les changements climatiques dans les investissements agricoles. La présente section donne un aperçu des sources de financement potentielles pour les activités d’agriculture intelligente face au climat (AIC) aux niveaux national, régional et international, ainsi que pour différents « clients » potentiels tels que les gouvernements, la société civile, les organisations de développement et d’autres entités. En outre, elle donne des pistes de solutions pour la recherche de financement parmi une gamme d’opportunités, en fonction du domaine d’intervention, du secteur et de l’instrument de financement de l’AIC.

Bibliothèque de ressources

Le Guide de l’AIC propose une présentation brève et concise des multiples aspects de l’agriculture intelligente face au climat. Dans le même temps, il indique les liens permettant d’accéder aux références et autres ressources clés qui vous aideront à approfondir vos recherches et mieux comprendre les sujets spécifiques qui vous intéressent. Dans la bibliothèque de ressources, nous avons rassemblé toutes les références, ressources clés, termes et questions dans une section unique afin d’en donner un bref aperçu et de les rendre facilement accessibles. Cette section peut être utilisée comme une partie ou indépendamment des autres sections du site Web. La bibliothèque de ressources est répartie en six sections à savoir : 1) les Références – liste de tous les publications, liens et blogs auxquels il est fait référence sur le site Web ; 2) les Outils – liste tous les outils de l’AIC présentés sur le site Web ; 3) les Termes clés – explications des termes les plus importants et les plus fréquemment utilisés concernant l’AIC ; 4) la Foire aux questions (FAQ) – qui donne un bref aperçu des questions les plus fréquemment posées concernant l’agriculture intelligente face au climat ; 5) la section « À propos de ce site » – où vous pouvez obtenir davantage d’informations sur le but et la structure du site Web, ainsi que sur les organisations et les auteurs qui se cachent derrière le site ; et 6) notre Contact.

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