Pêche au thon intelligente face au climat dans le Pacifique occidentalPacífico Oeste

Contexte 1 2

La pêche industrielle de thon jaune dans les eaux équatoriales de l’Ouest de l’océan Pacifique contribue, dans une large mesure, à l’approvisionnement en poisson à l’échelle mondiale. Les 1,3 million de tonnes de thon capturées chaque année représentent 25 % du thon en conserve dans le monde. En outre, cette pêche revêt une importance capitale pour les économies des États insulaires du Pacifique (EIP) ; les droits de licence des flottes de pêche étrangères contribuant à hauteur de 10 à 40 % aux recettes publiques de plusieurs petits États insulaires. Cependant, les conséquences du phénomène d’oscillation australe El Niño (ENSO) sur la répartition et l’abondance de ces espèces suscitent des incertitudes concernant les zones où les avantages de la pêche seront les plus importants. Lorsque survient La Niña, les prises de thon sont plus élevées dans la partie occidentale de la région. En revanche, les meilleures prises se font plus à l’Est pendant les épisodes d’El Niño. Afin de maintenir les prises dans des limites durables et d’optimiser la répartition des retombées économiques, huit EIP contrôlent et distribuent les prises de pêche par le biais du système de contingentement des jours de pêche. Ces huit pays sont connus sous le nom de Parties à l’Accord de Nauru (PNA). Le système de contingentement des jours de pêche fixe un quota total autorisé pour les jours de pêche dans les eaux des PNA. La répartition se fait entre les PNA sur la base des activités traditionnelles de pêche. Les PNA peuvent échanger entre elles les systèmes de contingentement des jours de pêche afin de tenir compte des situations où les poissons sont exceptionnellement concentrés soit à l’Ouest soit à l’Est, en raison du phénomène ENSO. Ces échanges visent à veiller à ce que tous les PNA continuent de bénéficier d’un certain niveau d’avantages de la pêche, indépendamment de la zone où sont concentrés les poissons.

Lien avec l’AIC

La limitation du nombre de jours de pêche constitue un outil cohérent et fiable de gestion de la productivité à long terme de la pêche, tandis que l’échange de permis améliore la rentabilité de cette productivité. Le résultat escompté est un revenu plus équitable pour les moyens de subsistance des pêcheurs. L’allocation et l’échange des jours de pêche assurent une souplesse en matière d’adaptation aux variations climatiques d’une année à l’autre et aux changements lents. Bien que l’objectif principal ne consiste pas à réduire les émissions, le plafonnement de l’activité des navires limite indirectement leur production de carbone à partir de carburant.

Impacts et leçons apprises

À l’instar d’autres programmes de plafonnement et d’échange, le système de contingentement des jours de pêche met à profit les forces du marché pour rendre plus efficace la réglementation environnementale. En outre, la possibilité de partager les avantages de la pêche, tout en la protégeant pour les générations futures, constitue pour les pays un puissant facteur incitatif pour continuer de participer au programme (CCAFS 2013). 3

Liens

CCAFS Big Facts - Cap and trade for tuna across 8 Pacific Island states: https://ccafs.cgiar.org/bigfacts/#theme=evidence-of-success&subtheme=fisheries&casestudy=fisheriesCs1

References

  • 1

    FAO. 2013a. Climate-Smart Agriculture: Sourcebook. Rome, Italy: Food and Agriculture Organization of the United Nations.

    http://www.fao.org/3/a-i3325e.pdf D’ici à 2050, la population mondiale augmentera d’un tiers. La plupart de ces 2 milliards de personnes supplémentaires vivront dans des pays en développement. Dans le même temps, davantage de personnes vivront en ville. Selon les estimations de la FAO, si les tendances actuelles de la croissance du revenu et de la consommation se poursuivent, il faudra augmenter la production agricole de 60 % d’ici à 2050 pour satisfaire les besoins alimentaires tant humains qu’animaux escomptés. Par conséquent, l’agriculture doit se transformer afin de parvenir à nourrir une population mondiale croissante et servir de base à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Les changements climatiques rendront cette tâche plus difficile dans le cadre du scénario du statu quo, en raison de leurs effets néfastes sur l’agriculture, ce qui nécessitera une spirale d’adaptation et de coûts connexes.
  • 2

    Bell JD, Johnson JE, Hobday AJ, (Eds.). 2011. Vulnerability of tropical Pacific fisheries and aquaculture to climate change. Noumea, New Caledonia: Secretariat of the Pacific Community.

    http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers15-01/010063492.pdf Ce livre présente une évaluation globale de la vulnérabilité aux changements climatiques de l’aquaculture et de la pêche tropicales dans le Pacifique. Il ne fait point de doute que l’impact des changements climatiques augmentera au cours des prochaines années, ayant des conséquences profondes sur la production halieutique et aquacole. Face à la croissance rapide de la population dans les pays insulaires du Pacifique, de nouvelles approches durables pour faire face efficacement aux exigences de sécurité alimentaire, qui sont susceptibles de répondre aux nombreux facteurs climatiques qui affectent la production de poissons et de mollusques, s’avèrent nécessaires. Il faudrait identifier tant les vulnérabilités que les réponses d’adaptation, et ce livre rassemble les contributions de chercheurs et de gestionnaires de la pêche de 36 institutions à travers le monde. Non seulement les vulnérabilités doivent-elles être prises en compte, mais les pratiques d’adaptation, les politiques et les investissements doivent également pouvoir mettre à profit les opportunités éventuelles.
  • 3

    CCAFS. 2013. Big Facts on Climate Change, Agriculture and Food Security. Copenhagen, Denmark: CGIAR Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS).  

    https://ccafs.cgiar.org/bigfacts/# « Big Facts » est un recueil des faits les plus récents et les plus pertinents concernant le lien entre les changements climatiques, l’agriculture et la sécurité alimentaire. Il a vocation à servir de plateforme crédible et fiable pour la vérification des faits parmi la série de revendications contenue dans les rapports, les documents de plaidoyer et d’autres sources. Des sources complètes sont fournies pour tous les faits et chiffres et tout le contenu a suivi un processus d’examen par les pairs.

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Ce site vous ouvre la porte de l’agriculture intelligente face au climat. Il vous aidera à vous lancer et vous accompagnera dans la mise en œuvre sur le terrain, en vous donnant accès à toutes les ressources avec lesquelles vous devez vous familiariser davantage.

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CCAFS Agriculture intelligente face au climat 101

Notions élémentaires

L’agriculture intelligente face au climat (AIC) est une approche intégrée destinée à relever les défis interdépendants de la sécurité alimentaire et des changements climatiques, qui vise explicitement trois objectifs :

A. accroître durablement la productivité agricole afin de favoriser des augmentations équitables des revenus agricoles, la sécurité alimentaire et le développement ;

B. adapter et renforcer la résilience des systèmes agricoles et de sécurité alimentaire aux changements climatiques à plusieurs niveaux ; et

C. réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture (notamment la production végétale, l’élevage et la pêche).

Points d’entrée

L’agriculture affecte et est affectée par les changements climatiques de plusieurs manières et il existe de nombreux points d’entrée pour le lancement des programmes d’AIC ou la mise à échelle des activités existantes. La productivité, l’atténuation et l’adaptation peuvent avoir lieu à des niveaux technologiques, organisationnels, institutionnels et politiques différents. Afin de vous aider à explorer cette multitude de points d’entrée, nous les avons répartis en trois domaines thématiques : i) les pratiques d’AIC ; ii) les approches par systèmes de l’AIC ; et iii) des environnements propices à l’AIC. Chaque point d’entrée est ensuite décrit et analysé en termes de productivité, d’adaptation et de potentiel d’atténuation et est illustré par des études de cas, des références et des liens Internet pour de plus amples informations.

Élaborer un plan d’AIC

La planification des projets et programmes d’AIC, ainsi que leurs mise en œuvre et suivi s’articulent autour des questions de compréhension du contexte, notamment l’identification des principaux problèmes/obstacles et opportunités liés à l’orientation du projet/programme ; l’élaboration et la hiérarchisation de solutions, et la conception de plans ; la mise en œuvre ; et le suivi-évaluation. La plupart des grands organismes de développement disposent de leur propre cadre pour l’élaboration et la gestion des projets et programmes. Cependant, le CCAFS a mis au point une approche spécifique pour la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des projets et programmes d’AIC, appelée Plan de l’AIC. Ce plan vise à orienter la planification, la mise en œuvre et le suivi de l’AIC à grande échelle. Le Plan de l’AIC comprend quatre principaux éléments, à savoir : 1) l’Analyse de situation ; 2) le ciblage et la hiérarchisation ; 3) l’appui au programme ; et 4) le suivi, l’évaluation et l’apprentissage.

Financement

Un certain nombre de sources de financement potentielles sont disponibles pour aider à réaliser les objectifs de l’AIC, notamment le développement agricole, la sécurité alimentaire, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets. Les sources de financement des interventions relatives au climat peuvent servir, par exemple, à mobiliser un financement pour l’agriculture et intégrer les changements climatiques dans les investissements agricoles. La présente section donne un aperçu des sources de financement potentielles pour les activités d’agriculture intelligente face au climat (AIC) aux niveaux national, régional et international, ainsi que pour différents « clients » potentiels tels que les gouvernements, la société civile, les organisations de développement et d’autres entités. En outre, elle donne des pistes de solutions pour la recherche de financement parmi une gamme d’opportunités, en fonction du domaine d’intervention, du secteur et de l’instrument de financement de l’AIC.

Bibliothèque de ressources

Le Guide de l’AIC propose une présentation brève et concise des multiples aspects de l’agriculture intelligente face au climat. Dans le même temps, il indique les liens permettant d’accéder aux références et autres ressources clés qui vous aideront à approfondir vos recherches et mieux comprendre les sujets spécifiques qui vous intéressent. Dans la bibliothèque de ressources, nous avons rassemblé toutes les références, ressources clés, termes et questions dans une section unique afin d’en donner un bref aperçu et de les rendre facilement accessibles. Cette section peut être utilisée comme une partie ou indépendamment des autres sections du site Web. La bibliothèque de ressources est répartie en six sections à savoir : 1) les Références – liste de tous les publications, liens et blogs auxquels il est fait référence sur le site Web ; 2) les Outils – liste tous les outils de l’AIC présentés sur le site Web ; 3) les Termes clés – explications des termes les plus importants et les plus fréquemment utilisés concernant l’AIC ; 4) la Foire aux questions (FAQ) – qui donne un bref aperçu des questions les plus fréquemment posées concernant l’agriculture intelligente face au climat ; 5) la section « À propos de ce site » – où vous pouvez obtenir davantage d’informations sur le but et la structure du site Web, ainsi que sur les organisations et les auteurs qui se cachent derrière le site ; et 6) notre Contact.

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